Allocution de l’Ambassadeur à l’occasion de la remise des insignes de Chevalier dans l’Ordre des Arts et des Lettres à Mme Lale BULAK-Istanbul, Palais de France, 26 novembre 2013 [tr]

Mesdames et Messieurs,

Chère Lale Bulak,

C’est un plaisir et un honneur d’être avec vous ce soir pour cette cérémonie de remise des insignes de Chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres à Lale Bulak.

Comme vous le savez, l’ordre des Arts et des Lettres est une décoration honorifique française qui, sous l’égide du ministère de la Culture français, récompense « les personnes qui se sont distinguées par leur création dans le domaine artistique ou littéraire ou par la contribution qu’elles ont apportée au rayonnement des arts et des lettres en France et dans le monde ».

Ce soir, chère Lale Bulak, la France souhaite honorer le rôle de « passeur » entre les langues et les cultures, qui a été le vôtre à travers vos différents métiers : traductrice, interprète, épouse d’ambassadeur. Elle souhaite également et surtout rendre hommage à votre engagement au cœur du dispositif de la coopération éducative française en Turquie.

Permettez-moi de retracer en quelques mots votre parcours.

Vous êtes née dans une famille polyglotte où la traduction est une tradition. Votre mère traduisait des pièces de théâtre du français et de l’anglais, votre frère est lui-même traducteur.

Diplômée du Collège américain Robert Academy à Istanbul en 1961, vous avez étudié l’art dramatique au Dallas Theatre Centre et, à votre retour en Turquie en 1964, vous êtes devenue metteur en scène au Théâtre de la municipalité d’Istanbul.

Outre cet ancrage en milieu anglophone, vous avez également toujours apprécié la littérature française et vous vous êtes attachée à en assurer la diffusion en traduisant vers le turc des œuvres d’auteurs anglophones, mais aussi français ou francophones contemporains, aussi divers que Virginie DESPENTES, Gilbert SINOUÉ, ou Jacqueline HARPMANN.

Je retiens également votre travail d’interprète : vous fûtes en effet une des premières interprètes professionnelles de Turquie et avez exercé ce métier lors de conférences internationales traitant en majorité de sujets concernant la culture de notre pays. Ce travail toujours discret, qui vous amène le plus souvent à exercer cachée dans une cabine, constitue pourtant un élément indispensable à la vie diplomatique.

Cette vie diplomatique fut longtemps la vôtre. Aux côtés de votre défunt époux, vous avez retrouvé à Pekin l’Ambassadeur de France Etienne Manac’h qui avait été l’un de vos professeurs au lycée de Galatasaray. Lorsque votre époux a été nommé Ambassadeur de Turquie à Paris de 1980 à 1985, vous vous êtes attachée à développer les relations entre nos deux pays. Par votre culture et votre raffinement, vous avez sans nul doute contribué à projeter en France une image attractive et moderne de la Turquie.

C’est également à ce moment là que vous avez tissé des liens d’amitié très forts avec un certain nombre de personnalités comme Jacques CHIRAC ou Raymond BARRE dont le rôle, tant en France qu’en Turquie, a été majeur pour la réussite de l’un des projets emblématiques de la relation franco-turque.

Je veux parler, bien sûr, du projet Galatasaray, auquel vous avez consacré, depuis 1977, toute votre énergie.
Elbette, 1977 yılından bu yana, tüm enerjinizi uğruna adadığınız Galatasaray projesinden söz ediyorum.

Vous avez été et vous êtes toujours active au sein de la Fondation Galatasaray pour l’Education, à titre bénévole, en qualité de responsables des relations internationales.

Cet engagement est la marque de votre fidélité. Fidélité à la mémoire de votre époux, grand Ancien qui a toujours défendu le projet, et fidélité à la relation franco-turque.

Nous savons ce que nous devons à la Fondation, ce qu’elle a fait depuis sa création dans les années 1980 pour refonder le lycée et permettre la création de l’Université.

Et nous reconnaissons aujourd’hui le travail que vous effectuez au quotidien en son sein et dans le cadre du Haut Comité de Parrainage pour faciliter le développement de ce projet, assurer sa pérennité et son exceptionnelle qualité.

Pour ces éminentes raisons, Madame Lale BULAK, au nom de Madame la Ministre de la Culture, nous vous remettons les insignes de Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres.

Dernière modification : 27/11/2013

Haut de page