Allocution de l’Ambassadeur lors du séminaire de l’Institut du Bosphore, 8-9 novembre 2012

Monsieur le Vice Premier ministre,

Monsieur le Ministre des affaires européennes,

Madame la Présidente de la Commission des affaires étrangères,

Madame la Vice-Présidente du Sénat,

Mesdames et Messieurs les Députés,

Monsieur le Président de l’Institut du Bosphore,

Mesdames et Messieurs,

C’est un honneur d’être parmi vous ce soir, et un plaisir de voir tant de brillantes personnalités investies dans le dialogue franco-turc ; un dialogue d’autant plus nécessaire que nos relations viennent de traverser une phase difficile.

Pendant quelques mois, au cœur de l’hiver, on a semblé oublier tout ce que nos pays ont en commun, tout ce que nos pays peuvent faire ensemble. Pourtant, rares sont les Etats à pouvoir s’enorgueillir d’une relation continue de près de 5 siècles, une relation qui a vu les échanges croisés entre nos deux cultures nourrir artistes, écrivains et scientifiques et imprégner profondément nos langues.

Avec l’élection du Président de la République, François Hollande, une nouvelle page de notre longue histoire commune s’est ouverte. Dès le lendemain de l’élection présidentielle, au sommet de l’OTAN, puis au Sommet du G8, des entretiens très positifs avec le Président Gül et avec le Premier Ministre Erdoğan ont confirmé qu’il existait une volonté partagée, de part et d’autre, de retrouver « une relation stable et confiante ».

Cette relation confiante s’exprime particulièrement sur les grands dossiers internationaux. En recevant Ahmet Davutoglu à Paris, le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a souligné, je le cite, que « la France voit dans un contexte régional instable, la Turquie qui est notre allié et notre ami, comme un pôle de stabilité et un acteur majeur. »

De fait, le dialogue politique, qui s’était beaucoup limité ces derniers mois au dossier syrien, a repris et s’étend à nouveau désormais à tous les domaines. Le dossier syrien, sur lequel nos analyses sont très proches, reste au premier plan de nos préoccupations communes.

Mesdames et Messieurs,
La relation entre la Turquie et la France est bien sûr également liée à la relation d’ensemble entre la Turquie et l’Union européenne.

Notre conviction est que l’Union européenne a besoin d’une Turquie forte, à l’économie solide et dynamique, comme la Turquie a besoin de l’Union européenne, qui représente près de 50% de son commerce extérieur et 90% de ses investissements étrangers.

Nous devons désormais œuvrer concrètement au renforcement des relations entre la Turquie et l’Union européenne. Avec l’adoption de « l’agenda positif », et l’ouverture d’une perspective de libéralisation des visas, nous avons sur la table un certain nombre d’instruments utiles.

Plus largement, des négociations ont été engagées ; il convient désormais, comme l’a indiqué le ministre, de les poursuivre de bonne foi, en tenant compte des engagements passés. Ce processus nécessitera un travail résolu de part et d’autre.

Au bout du chemin, il reviendra au peuple turc comme aux autres peuples européens de se prononcer. Nous ne devons pas oublier qu’au cœur du projet européen, il y a la protection des libertés individuelles et collectives. In fine, la perception qu’auront les peuples des progrès des libertés jouera un rôle essentiel dans leur décision.

Mesdames et Messieurs,

La longue histoire de nos relations, la nouvelle stature internationale de la Turquie, l’importance de la communauté turque en France, la densité de nos liens économiques, culturels et scientifiques, sont autant de facteurs qui conduisent à une même conclusion : l’avenir de nos nations est lié.

Il nous reste à trouver les voies et moyens pour donner corps à cette nouvelle ambition pour notre relation bilatérale et plus largement pour la relation entre la Turquie et l’Union européenne.

Vos réflexions contribueront à cet objectif. Je crois profondément pour ma part que dans tous les domaines, l’intérêt bien compris de la Turquie et de la France est de faire davantage ensemble.

Je pense à la coopération universitaire, à la recherche, à l’aide au développement en pays tiers notamment en Afrique où la Turquie renforce sa présence. Je pense à la coopération entre nos institutions, notamment dans le domaine des affaires intérieures et de la justice, où nos organisations sont si proches.

Je crois en particulier à l’importance de l’économie et de nos entreprises pour créer ces « solidarités de fait » chères à Jean Monnet. Je pense au secteur de l’énergie, et en particulier au nucléaire et aux énergies renouvelables. Je pense aux télécommunications et à la modernisation des infrastructures de transport. Je pense à l’assainissement des eaux et au traitement des déchets, ou encore à l’agroalimentaire. Je pense à tous ces secteurs où l’expertise française est reconnue dans le monde entier et où Français et Turcs peuvent travailler main dans la main pour atteindre les objectifs affichés par le Premier ministre turc pour le centenaire de la République en 2023.

Mesdames et Messieurs,

Je compte sur votre amical soutien pour faire vivre l’amitié franco-turque. Et je voudrais à cet égard particulièrement remercier l’Institut du Bosphore et son président, M. Bahadır Kaleağası, pour son engagement sans faille au service des relations franco-turques.

Je vous remercie.

Dernière modification : 13/11/2012

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