Discours de l’Ambassadeur à l’occasion de la remise des insignes de Chevalier de la Légion d’Honneur à M. Mehmet Kasım Gülpınar [tr]

Discours de Son Excellence Monsieur Charles Fries,
Ambassadeur de France en Turquie
A l’occasion de la remise des insignes de Chevalier de la Légion d’Honneur à Monsieur Mehmet Kasım Gülpınar

Mercredi 20 septembre 2017, Ambassade de France à Ankara

Monsieur le Ministre de l’Agriculture,
Monsieur le Vice-Ministre des Affaires Européennes
Monsieur le représentant du Président de la Grande Assemblée nationale,
Mesdames et Messieurs les Parlementaires,
Mesdames, Messieurs,
Chers amis,

Bienvenue à tous à la Résidence de France ! Je suis très heureux de vous accueillir ce soir pour rendre hommage à Mehmet Kasım Gülpınar.
Cher Kasım, la République française a souhaité en effet reconnaître vos mérites éminents en vous remettant la plus ancienne et la plus prestigieuse de nos décorations, celle de la Légion d’Honneur, créée par Napoléon Bonaparte.

Conformément à la tradition, permettez-moi d’abord de rappeler brièvement votre parcours.

Vous êtes né en 1969 à Siverek, dans le nord du département de Şanlıiurfa. Vous êtes issu d’une lignée de notables dont les racines plongent dans le sud-est de la Turquie, région magnifique et culturellement si riche. Vous gardez de votre grand-père, le souvenir d’un homme simple, pieux et ouvert d’esprit, qui vous a inculqué, avant tout, le sens de l’honnêteté et de la justice. Ce sont ces valeurs qui vous caractérisent aujourd’hui et nourrissent votre engagement politique.
Permettez-moi de dire à nos amis que vous avez été un enfant très précoce. Vous avez appris à lire à l’âge de 5 ans, donc avant d’entrer à l’école primaire. C’est certainement cette disposition naturelle pour les lettres qui vous amènera plus tard à suivre un cursus de linguistique. Vous avez également été très précoce en politique puisqu’à l’âge de 6 ans vous pouviez citer tous les membres du gouvernement turc de l’époque. Ces deux passions, les lettres et la politique, ne vous ont pas quitté depuis.

Vous faites vos études secondaires au lycée Tevfik Fikret d’Ankara qui a formé des générations d’élites francophones, et vous y apprenez notre langue. C’est au cours de votre scolarité dans ce lycée que vous participez à un voyage scolaire en Europe, avec pour destination finale Paris. Vous découvrez alors Paris pour la première fois et c’est d’ailleurs en gravissant les escaliers de la Tour Eiffel que vous réussissez à vaincre pour la première fois votre vertige, certainement motivé par la récompense de pouvoir embrasser d’un seul regard toute notre capitale.

A l’issue de vos études secondaires, vous entrez à l’université d’Ankara dont vous obtenez une licence en langues et littérature arabe. Vous apprenez aussi le persan. Vous avez un don naturel évident pour maîtriser toutes les langues dont la nôtre ! C’est à l’université d’Ankara que vous rencontrez Berna Hanım. Vous vous marierez avec elle et aurez trois filles magnifiques.

Après une courte expérience d’enseignant à l’Institut de langues Tömer et de journaliste comme correspondant diplomatique, vous décidez d’entrer dans l’administration et entamez votre carrière comme traducteur interprète au sous-secrétariat d’Etat au Commerce extérieur. Vos compétences professionnelles sont rapidement reconnues puisque vous devenez, en 2004, chef de cabinet du ministre d’Etat chargé de la Famille puis conseiller politique du ministre de l’Industrie et du Commerce.

Vous décidez ensuite d’entrer en politique et de solliciter un mandat de député. Vous reprenez le flambeau que vous avait laissé votre père, Eyyüp Cenap, vice-président de la Grande Assemblée nationale de Turquie et ministre d’Etat dans le gouvernement du Premier ministre Mesut Yılmaz. Vous êtes élu député AKP de Şanlıurfa en juin 2011. Lors de cette législature, vous serez membre des commissions des Affaires étrangères, d’harmonisation avec l’UE, de l’égalité hommes-femmes, membre de la commission parlementaire mixte UE – Turquie, de la délégation turque à l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe et de l’Assemblée parlementaire de l’Union pour la Méditerranée. Je prends le temps de cette énumération, cher Kasım, car elle montre combien vous vous engagez pour approfondir la relation entre la Turquie et l’UE. Enfin, vous devenez aussi – et surtout – le président du groupe d’amitié France – Turquie. Vous nouez rapidement une relation de confiance et d’amitié avec le Président du Sénat français, Gérard Larcher et vous le recevrez sur vos terres en avril 2014 à l’occasion de la visite en Turquie du groupe d’amitié France – Turquie de l’Assemblée Nationale et du Sénat. Ils garderont le souvenir d’une visite dense, dans la foulée de la visite d’Etat du Président Hollande en février de la même année. La délégation se souvient aussi de votre grand sens de l’hospitalité. Vous rencontrez régulièrement la sénatrice Josette Durrieu et Christophe Bouillon, président du groupe d’amitié à l’Assemblée Nationale. Avec ces parlementaires français ainsi que vos collègues turcs dont je salue la présence ce soir [Gülsün Bilgehan, si elle est là], vous êtes l’artisan déterminé du renforcement de la relation franco-turque.

Votre amitié pour la France se nourrit également de votre connaissance du Moyen Orient et du rôle de notre pays dans cette région du monde. Je sais que vous avez toujours à cœur de rappeler que nous connaissons bien cette région et combien nous sommes engagés, comme la Turquie, pour aboutir à une solution politique aux diverses crises qu’elle connaît. C’est ce message que vous passez aussi au Président Erdoğan dont vous êtes proche.

Vous avez été réélu en novembre 2015 et vous poursuivez aujourd’hui vos engagements. Vous êtes Président de la commission d’harmonisation Turquie – UE et je sais que vous déplorez que celle-ci ait vu son activité réduite, conséquence inévitable du moment difficile que connaît la relation UE – Turquie. La France souhaite bien sûr que ces difficultés soient rapidement surmontées. Vous continuez enfin, cher Kasım, à travailler pour que les habitants de votre circonscription voient leur sort s’améliorer. Votre ville de Şanlıurfa, votre département, sont particulièrement affectés par l’afflux de réfugiés syriens. Je souhaitais rendre hommage à vos efforts pour que ces communautés soient hébergées, soignées et éduquées dans de bonnes conditions.

Cher Kasım, votre parcours exemplaire, accompli avec la discrétion et l’humilité qui vous caractérisent, fait de vous un ami sincère et fidèle de la France ainsi qu’un acteur clé du renforcement de la relation franco-turque.
C’est pour toutes ces raisons que la République française a décidé de vous accorder la plus haute distinction française en vous décernant la Légion d’Honneur.

Mehmet Kasım Gülpınar, au nom du Président de la République, nous vous faisons Chevalier de la Légion d’Honneur.

Dernière modification : 25/09/2017

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